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LE
TORSE
Cest une sculpture qui est assez académique, très
puissante. De quand date-t-elle ? Cest un travail
que vous avez fait aux Beaux-Arts, nest-ce pas ?
Oui,
jétais aux Beaux-Arts lorsque jai fait cette
sculpture, qui fait partie de ma formation très classique.
Jy suis resté pendant cinq ou six ans et tous les
matins, pendant toutes ces années, on suivait des cours
de modelage daprès modèle vivant. Pour moi ça a été
très important car cest avec cette formation que jai
appris les bases de la sculpture : la manière de regarder,
comment se tenir devant la forme, se tenir devant le modèle,
comment appréhender limmense chaos des formes qui
arrivent, et essayer den faire une synthèse.
Cest
effectivement une sculpture qui peut paraître très académique
au sens premier du mot - puisquune académie désigne
en fait une étude de nu - mais lidée était aussi dessayer
de passer à une sorte dabstraction des formes :
à partir des formes proposées par le corps humain, faire
une synthèse abstraite par lintermédiaire dune
composition, ici le mouvement de torsion par exemple, avec
un contrapposto, avec un aplomb nettement déterminé
- en loccurrence la jambe droite - et essayer de faire
se coordonner toutes ces formes pour donner limpression
de la vie, de la pulsion de la vie : comme si quelque
chose qui partait de lintérieur venait sexprimer
sur la surface. Cest ce que vous appelez la puissance ;
ça prend cette expression là.
Oui, il est quand même massif le bonhomme, il est costaud !
Ah
le modèle était très beau ! (rires)
Vous travaillez beaucoup sur modèle ?
Maintenant
moins, parce que je fais des choses plus imaginatives, beaucoup
plus libres ; mais parfois je reprends ce type de travail,
dautant quil y a deux fois par semaine mes élèves
qui viennent à latelier. On fait un travail daprès
modèle, ce qui me fait beaucoup de bien, même si je ne travaille
pas : regarder le modèle
Et converser avec les élèves
Oui,
et comme je fais la correction, dune certaine manière
je travaille un peu. Le fait simplement de contempler, de
revoir le corps : il est tout à fait possible que ça
ait une influence encore maintenant dans mon travail, même
si cela ne sy traduit pas, directement, par une représentation
très naturaliste. De temps en temps je travaille aussi avec
eux, mais cest relativement rare, une ou deux fois
par an. Je nai pas du tout renoncé à cela. Bien au
contraire, cela fait comme une sorte de dialectique entre
un travail très rigoureux, très naturaliste, et de lautre
un travail plus personnel, différent.
Ce sont des choses que vous ingérez, que vous digérez
Voilà,
tout à fait : il faut que cela passe à lintérieur.
Puis ça ressort dune manière, alors vous dire exactement,
ça je ne sais pas, mais ça ressort, parce que cest
la vie, cest ça qui est étonnant : cette idée
de vie des formes, de pulsion, de source, prendre la vie
comme une source. La totalité de mon travail est gérée par
cela. Essayer de faire sentir sur la surface des sculptures
quelque chose qui passe de lintérieur, qui vient à
lexpression. Cest vrai que je lai appris
essentiellement avec le travail daprès modèle, mais
ça reste, je dirais, le continuum de mon boulot .
Ce torse a été fait aux Beaux-Arts. Pouvez-vous nous parler
de latelier dans lequel vous étiez, des souvenirs
que vous avez conservés de ce passage ? Vous m'avez
dit que vous ny aviez pas acquis de technique, car
il faut déjà lavoir pour y entrer, mais plutôt des
relations ? Dans quel état desprit y êtes-vous
entré, en êtes-vous sorti ?
Le
principe de lécole des Beaux-Arts, cest qu'en
y entrant, vous êtes censé avoir déjà une certaine formation
technique : savoir très bien dessiner, et savoir modeler
si vous vous destinez à la sculpture. On est simplement
à lécole pour faire, dune certaine manière,
des rencontres, et se perfectionner avec des professeurs
qui sont eux-mêmes des sculpteurs, dabord sculpteurs
avant dêtre des profs, ce qui est très important.
Ensuite,
les Beaux-Arts, cest une formation qui est très libre,
il ny a pas dannées comme dans un cursus du
type universitaire. Toutes les années sont les mêmes ;
on peut simplement, si on le désire, changer datelier,
et connaître ainsi un autre sculpteur, un autre maître.
Il ny avait aucune contrainte. Le modèle du matin
nétait pas obligatoire, on y venait
Il y avait
seulement une règle : on avait vraiment champ libre
laprès-midi ; cétait le travail sans modèle,
on faisait toutes sortes de choses. Moi, à lépoque,
je travaillais beaucoup le plâtre direct, cétait vraiment
mon matériau de prédilection. Cest là aussi que jai
commencé à travailler - enfin jen avais déjà fait
avant - mais travailler très sérieusement le bois.
Les
Beaux-Arts mont surtout permis de rencontrer des personnalités
assez fortes, comme par exemple le premier professeur que
jai eu, Etienne Martin. Cétait un type extraordinaire :
je ne sais pas sil ma appris beaucoup de choses
du point de vue technique, mais de le voir arriver avec
son regard lumineux était absolument extraordinaire. Et
dès quil mettait les mains dans la terre, la vie était
là, il y avait un miracle. Voilà des images très formatrices
!
Jai
eu également un autre prof, Jacques Delahaye. Lui, cétait
un tempérament très différent car cétait un lyrique,
un type desprit très baroque : pour lui cétait
vraiment le dynamisme des formes, la vitesse, quelque chose
de très âcre, avec des formes très déchiquetées, et jadorais
ça, ça correspondait beaucoup à mon tempérament.
Voilà
des personnalités avec lesquelles je nai pas appris
uniquement la sculpture mais aussi la vie. Il sagissait
de discussions, finalement, beaucoup plus que des cours.
Lavantage
aussi des Beaux-Arts, cétait dy rencontrer dautres
apprentis sculpteurs. On avait des discussions ; on
passait presque autant de temps - au moins autant de temps
- à discuter ensemble, et ce nétait pas des discussions
vaseuses mais vraiment des problèmes que nous nous posions.
Dautant
plus quon était assez nombreux dans chaque atelier,
à peu près une vingtaine ; chacun avait son petit espace
de travail mais, en même temps, on venait se voir régulièrement
- il ny avait quà traverser latelier
pour parler de toutes nos expériences, avec quelques fois
des coups de gueule car nous navions pas forcément
des conceptions identiques, mais ça restait un dialogue,
cétait très bien.
Et ça a duré donc quatre ans, cest ça ?
Jy
suis resté disons à peu près cinq ans, puisque la sixième
année jy allais un peu moins - je pense que javais
déjà latelier ici, jétais un peu entre les deux
- et je nai pas passé le diplôme, parce que je ne
voulais pas
normalement, vous savez, le diplôme
Le diplôme, cest quoi : un projet ?
Cest
deux choses, dun côté une sorte dapproche théorique :
il faut faire des unités de valeur, de lhistoire de
lart
Quelque chose dassez universitaire
Pour
le coup cest très universitaire, mais ça occupe très
peu de temps dans lensemble. Nempêche quil
faut les avoir.
Ensuite,
à la fin, il fallait présenter une série duvres
à un jury composé de professeurs datelier et de quelques
personnes de lextérieur, qui vous décernait ou non
le diplôme.
Mais
moi, dune part, je ne voulais pas passer toutes ces
choses théoriques parce quelles me semblaient trop
rudimentaires par rapport à ce dont il était question, et
puis je ne me sentais pas, en sortant de lécole, suffisamment
mûr pour vraiment présenter quelque chose de très cohérent.
Vous êtes sorti de lécole en 1987, et deux ans après
on vous décernait le Grand Prix de Sculpture !
Voilà,
justement : dans ces deux ans il sest passé énormément
de choses : jai eu cet atelier, jai donc
vraiment pu commencer mon travail : il commençait à
être vraiment ma signature. Toutes les sculptures que jai
présentées pour le prix étaient de grandes sculptures en
bois, à la tronçonneuse ; des sculptures que jai
faites dans ces deux ans finalement
Oui, et quand vous dites que vous navez pas passé
lexamen de sortie, il sagissait là du meilleur
examen que vous pouviez passer
Vous
savez , les Grands Prix de Sculpture, il y en a un par an :
ça vaut tous les diplômes de lécole des Beaux-Arts.
Lauréat du grand prix de sculpture. Jimagine que cela
vous a conforté dans ce que vous faisiez
Évidemment
ça ma conforté, parce que cétait la reconnaissance
par les anciens : les membres du jury, pour la sculpture,
étaient les membres de lAcadémie des Beaux-Arts, des
sculpteurs qui ont vraiment de la bouteille : le doyen
avait à peu près 70 ans, il avait eu le prix de Rome en
1920 !
Jallais dire que cest un peu léquivalent
du prix de Rome
Oui,
cest ça, cétait vraiment être reconnu par ses
pairs. Ce qui fait, pour un jeune je nétais
pas vieux, javais 26 ans il est évident que
ça fait beaucoup de bien. Parce que quand jai commencé
la sculpture, je me suis dit que, de toutes façons, jamais
je narriverais à en vivre. Je le faisais parce que
je sentais que cétait quelque chose dimportant
pour moi, pour ma formation plus intérieure, intellectuelle,
que dans lespoir den faire un métier.
Vous avez commencé quand, vraiment, à sculpter ?
Cela
date de ladolescence. Je me suis mis à dessiner énormément
; javais gardé la pâte à modeler quon a quand
on est mouflet, au fond dun tiroir, et tout dun
coup, je ne sais pas pourquoi naturellement, mais cest
venu, je lai ressortie. Jai dû faire une petite
bonne femme, nétant pas très content je suis allé
au musée Rodin, et là ça a été un flash terrible : je me
suis dit que cétait ce que je voulais faire.
Ensuite
jai fait du dessin au cours du soir de la ville de
Paris : après le lycée, après le cours de maths, jallais
dessiner. Jai eu beaucoup de chance parce quen
terminale, le dessin était en option, et je me suis retrouvé
le seul élève de la prof de dessin, qui était d'ailleurs
fille de sculpteur. Des cours particuliers ! Cétait
extraordinaire. Elle me montrait tous les bouquins, on parlait
beaucoup, elle ma appris beaucoup de choses.
Donc cest une vieille histoire
Ah
oui ! Après javais la petite idée de minscrire
aux Beaux-Arts tout de suite. Mais, comme jai eu le
bac à 17 ans, il y a ce règlement de lécole qui interdit
dy rentrer avant dix-huit ans. Je suppose que cest
un truc hérité du XIXème siècle, pour la moralité (rires).
Donc jai commencé le droit et
Et vous l'avez plus que commencé !
Oui,
je suis allé jusquà la maîtrise, mais il fallait quand
même que je fasse les Beaux-Arts ! Je continuais donc
les cours du soir parallèlement au droit, et jai passé
le concours dentrée à la fin de la première année.
Après jai continué le droit, mais jy allais
vraiment très peu, de moins en moins chaque année, et de
plus en plus aux Beaux-Arts.
Le concours dentrée, ce sont des dessins que vous
soumettez
Le
concours dentrée à lépoque ? Il fallait
avoir un dossier constitué de dessins, de toutes sortes
de dessins, pour montrer que vous saviez dessiner, de photos
de modelages ou de sculpture déjà réalisés. Voilà pour la
partie dossier. Il y avait également une partie pratique,
à savoir des dessins de modèle - on avait trois heures,
je crois, avec des pauses rapides, des poses longues, pour
rendre les dessins - et une épreuve de modelage, pour le
sculpteur, un sujet imposé à traiter. On était jugés sur
ces trois choses : dossier, dessin, sculpture, et jai
réussi le concours dentrée.
On a parlé des Beaux-Arts, des professeurs. Je crois que
vous donnez vous-même aujourdhui des cours, depuis
maintenant trois ans ? Quels sont les rapports que
vous entretenez avec les élèves ? Cela vous apporte
évidemment beaucoup de choses ?
Oui,
ça fait trois ans. Pour moi cest important, ces cours
de modelage, parce que ça a nécessité une remise en forme
de ce que jappellerais mon corpus théorique intérieur :
ce que je sais sur la sculpture, je le sais mais je vis
avec, je ne me pose pas trop de questions
Cest digéré
Oui,
voilà, cest digéré, tout à fait. Donc là, le fait
davoir à lexposer à des tiers, ça veut dire
quil faut que je le re-planifie, que je le remette
en ordre à lintérieur de ma petite tête, pour pouvoir
lexprimer de la manière la plus claire.
Vous vous êtes replongé dans les bouquins ?
Non.
Il me semble, sans orgueil, que ce que je sais nest
dans aucun bouquin, parce que les livres sont écrits par
des historiens, par des critiques dart ; cest
un autre il sur lart, ce nest pas lil
de la pratique. Les sculpteurs, en général, à part Rodin
qui a écrit de très belles choses, nécrivent pas beaucoup.
Cest vraiment mon expérience, le fruit des discussions
à lécole, dont je parlais tout à lheure, mon
expérience personnelle, qui a engendré ce savoir.
Vos cours ont lieu quand ?
Deux
soirs par semaine. En fait je reviens à la manière dont
jai commencé moi-même, quand je vous disais que jallais
aux cours du soir de la ville de Paris : jai
recréé des cours du soir avec une dizaine délèves
à chaque fois, qui sont un peu de tous âges. Il y a des
gens qui sont véritablement des sculpteurs, je dirais quasiment
professionnels, et dautres qui sont de simples amateurs,
qui sont là pour se faire plaisir et pour apprendre quelque
chose sur eux-mêmes, parce quil est évident que la
sculpture, ce nest pas seulement de façonner une boulette,
cest se mettre en forme soi-même : ils sont tous
un peu en quête de quelque chose.
Et vous sortez un peu de latelier, vous êtes aussi
partis en week-end ?
Oui,
je les ai emmenés par exemple au musée du Louvre, pour leur
montrer ce quavaient fait leurs anciens, ce qui est
toujours bien. On a fait également un stage de taille directe
dans le calcaire. Là cétait une semaine d'immersion
totale dans la sculpture : matins, midis et soirs.
On ne parlait que de ça, on ne faisait que ça.
Avec au bout dune semaine les cales sur les mains
Oui,
cétait très, très éprouvant (rires). Il avaient une
semaine pour tailler une sculpture en pierre, un personnage
en calcaire, dune taille modeste, mais quand même !
Cétait beaucoup de boulot, ils étaient complètement
épuisés mais très contents : une grande aventure !
Ils se sont retrouvés dans la même situation que tous les
anciens sculpteurs, les anciens tailleurs de pierre qui
vivaient aux pieds des cathédrales : 24 heures sur
24 , la sculpture.
Ça a dû changer beaucoup de choses, pour les cours, quand
vous vous êtes par la suite retrouvés à latelier
Cest
sûr quil y avait une complicité qui sétait créée,
des rapports plus seulement de maître à élèves mais vraiment
toute une énergie tournée vers la sculpture. Cest
là aussi quils ont bien compris, mieux encore que
pendant les cours, quil sagissait vraiment dune
entreprise humaine, dune aventure humaine, au delà
dun simple faire, dun simple travail sur la
matière.
On vient de parler de taille directe. Est-ce quil
vous arrive de prendre un bloc, et dy aller directement ?
Non,
très rarement. Ça
peut se faire, mais en général je fonctionne un peu différemment.
Jadopte en fait la technique quon pourrait qualifier
de classique, cest à dire le dessin, beaucoup de dessin
en général, une esquisse en terre de petites dimensions,
suffisamment précise pour donner quelques indications quand
on arrive à la taille dans le bois ou dans la pierre, mais
en même temps aussi suffisamment floue pour laisser une
marge de manuvre.
Donc esquisses, petit modèle et taille. Comment gérez-vous
vos idées : avez-vous un carnet de croquis, est-ce
que vous les notez ?
Dès
que jai une idée qui me passe par la tête, soit cest
une idée qui est encore verbale, presque un concept, ce
ne sont donc là que des mots, des notes, mais la plupart
du temps, évidemment, cest un dessin, des croquis.
Parfois ce nest même pas des croquis, cest ce
quon appelle des " crobards " :
trois ou quatre traits jetés comme ça ...
En
revanche, comme je suis assez méthodique, je les classe
par sujets, et quand jen ai rassemblés un certain
nombre, il y en a toujours un qui est plus pertinent que
les autres : on sent quil y a une focalisation de
lénergie. Je fais alors des dessins plus précis dans
cette ligne là, puis très rapidement je passe à une esquisse
en terre. Elle peut éventuellement mener à une taille, mais
il y a beaucoup desquisses qui restent à létat
desquisse, quand je maperçois que finalement,
dans les trois dimensions, ce nétait pas si terrible
que ça, que ce nétait pas le moment de le faire.
Combien de temps entre ces premières esquisses, ou " crobards ",
et la réalisation finale ?
Ce
nest pas évident parce que je peux passer, quand ça
reste dans le domaine des premières esquisses, dune
idée à une autre. Il y a simplement un moment, quand ça
se focalise, où je fais une esquisse plus poussée. Alors
là, ça peut prendre pas mal de temps, je peux en faire plusieurs,
comme je peux toujours abandonner le truc. En revanche,
à partir du moment où il y a eu le déclic
Vous devenez impatient
Oui,
je deviens impatient, et ça va très vite. Il le faut parce
que cest une manière, pour moi, de gérer mon énergie.
Quand je commence une taille directe, il faut que dès le
premier jour je voie ma forme. Évidemment ce nest
pas le détail, mais jai inscrit la forme dans la matière,
comme un point dappui, une référence. Cette première
journée, cest le maximum dénergie. Après, toutes
les autres journées seront, à partir de cette première énergie,
une sorte de diminution progressive jusquà la fin,
où il sagit de cerner toujours plus près. Tout doit
être dit, pour moi, dans le premier jet.
Est-ce quil y a des ratés ?
Dans
la taille, une seule fois je crois. Il y a lidée du
respect de la matière première. Quand vous prenez un beau
bout darbre, un beau tronc, vous n'avez pas le droit
de faire nimporte quoi parce que cest un arbre
qui a peut-être trois cents ans, il a mis du temps pour
arriver là. Je considère que je lui dois un certain respect :
si j'ai décidé de le tailler, je n'ai plus droit à lerreur.
Par
contre, avant de commencer à le tailler, il faut le regarder
pendant très longtemps, regarder par quel angle lattaquer
Là, il ne faut vraiment pas se presser.
Et cette première journée de travail peut durer quinze heures ?
Vous devez mettre une semaine à vous en remettre !
Oui,
parce que je suis très impulsif. Lénergie est tout
dun coup canalisée, focalisée, énorme. Et effectivement,
après, je ne peux quasiment plus rien faire pendant quinze
jours ! (rires).
Le modelé de ce torse : on a limpression quil
a une cicatrice à lépaule droite !
Cest
un modelé qui est assez acéré, assez violent : ainsi
les formes sont très précises mais, en même temps, la lumière
est très contente, elle vibre là-dessus. Ça
fait des rapports noir-blanc, des contrastes, et ça participe
aussi à cette idée de vie. Je naime pas trop, dans
mon travail, faire des sculptures trop lisses. Mais ça on
peut en parler avec les Caryatides.
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